Deux mois. Deux mois que Léa était dans cette "prison". Oui, nous pouvons effectivement osé appeller ça comme ça. Son matelas était vieux de dix ans; et le frigo, on le remplissait que le lundi, avec seulement des légumes, carottes et choux, et de l'eau. Deux bouteilles d'un litre. C'était peu, très peu, pour une adolescente en pleine croissance et, de toute façon, d'un être humain. C'était bien pire que de l'esclavage. Elle faisait tout à la maison. Le ménage; à la moindre tache ou poussière, c'était une brûlure de cigarette. Et on la surveillait de très près. De très très près. Quand Jane ou Michael (ou les deux) étaient absents, ils allumaient les caméras de surveillance. Pour Léa, c'était horrible. Dès qu'elle avait néttoyée tout ce qu'elle avait à nettoyé, elle retournait dans sa "chambre", et s'enfermait à double tour, avant de jeter la clef aussi loin qu'elle le pouvait à travers les barreaux. Le soir du 31 décembre, Michael rentra dans la cage de Léa, bourré, en répétant: "Je t'aime, Je t'aime tellement ma petite fille... Léa, ma fille...". Cette dernière commença d'ailleurs à avoir peur. Que lui voulait-il ? Jane était elle là; au cas où ? Léa commença à crier quand elle vit son "père" enlever sa ceinture et défaire son bouton de pantalon. Jane accouru, à la plus grande satisfaction de Léa.
-Michael ! Michael, chéri, qu'est ce que tu fais ?
-Je l'aime !
-Michael, monte à la maison, tout de suite !
-Et depuis quand tu me donnes des ordres toi ?
-Michael, tu es bourré, tu étais où, j'ai essayé de te joindre plusieurs fois, et je trouve là, à moitié à poil devant la gamine !
-Et alors ?
-Michael, sors de là sinon...
-Sinon quoi ? Tu me frappes ?
-Sinon j'appelle les flics, et tu seras pas prêt de revoir L... Tu... Tu sais de qui je parle.
-Ok, ok, j'arrive. Toi, (s'adressant à Léa.) la prochaine fois que je te voies en train de rien faire si tu dois faire le ménage, tu sais ce qui t'attends.
-Oui.
-Oui monsieur.
-Oui monsieur.
-Bon.
Sur ce, le couple parti, laissant seule une Léa perdue, mais qui en sait un peu plus, sur Michael, sur ce "Tu Sais Qui", et, le plus fort, sur son point faible. Mais, le plus dangereux, elle sait maintenant de quoi il était capable. Et elle en avait peur. Pendant qu'elle réflechissait à tout cela, elle entendit les escaliers grincer.
-Léa ?
-Oui, Jane ?
-Ca va ?
Avant même que Léa ai eut le temps de répondre, Jane s'empressa de dire:
-Non, non tu vas pas bien, je suis bête de te demander ça. Je suis sincerement désolée, mais il a besoin d'aide, c'est pour ça que je reste avec lui, je ne suis pas soumise comme tant de gens disent derrière mon dos.
Elle avait dit ça d'une manière où elle essayait de se convaincre elle même.
-Michael a eu une vie difficile avec son ex femme, elle lui en a fait baver, mais ce n'est pas à moi de te raconter son histoire, c'est à lui et à lui seul qu'il faut demander.
-Il ne m'aime pas, et les seules fois où il me parle, c'est pour me dire de faire le ménage ou à manger.
-Non, il essaye de te responsabiliser. Si tu ne sais pas faire tout cela, et que tu as des enfants, comment comptais tu t'y prendre ?
-Je ne veux pas d'enfants, et quand il me frappe ou me brûle, je ne crois ni qu'il m'aime, ni qu'il essaye de me responsabiliser.
-C'est vrai qu'il en fait peut être un peu trop.
-Peut être ? Un peu ?
-Léa, je suis sincerement désolée; mais c'est la vie, il y a des gens que l'on aime, et d'autre pas...
-En général, les enfants aiment leur parents, et les parents aiment leur enfants.
-Oui, je sais... Attends, tu ne nous aime pas ?
-...
-Je suis désolée.
Elles entendirent une porte claquer violemment, et Jane se mit à courir avant qu'il ne la voit avec sa "victime".
Tandis que Léa se posait toujours toute sorte de question, Jane alla retrouver son mari au bord de la piscine.
-Michael, qu'est ce qu'il t'a pris de faire ça ?
-Je ne l'ai pas fait.
-Pas encore.
-Je ne l'ai pas fait, j'étais bourré, je ne savait pas ce que je faisait.
-J'ai vu ça. Heureusement que la gamine a hurlé.
-Hurler ? Mais elle a fait plus que ça, on dirait qu'on lui avait tranché la gorge !
-Michael, ce n'est qu'une enfant.
-Tu l'aimes, tu t'attaches trop à elle. C'est à cause de toi que Luc est parti.
-Ah ! Tu recommences avec lui...
-Oui, tu le collais tout le temps, tu crois pas que j'ai envie de revoir mon fils, mon fils que j'ai fait, mon fils qui a du sang Williams dans les veines ?
-Luc est majeur, il a fait sa vie, laisse le tranquille !
-Je le laisse tranquille !
-Non, tu me le râbaches à longueur de journée !
-Parce que c'est ta faute si il est parti !
-N'importe quoi ! C'est toi le taré, pas moi !
Une gifle parti toute seule et résonna dans le jardin.
-Ne me reparles plus jamais comme ça, je suis l'homme, tu m'obéis. C'est comme ça.
-Tu ne m'aimes pas.
-Non.
-Moi non plus.
-Si, sinon tu serais partie depuis longtemps, mais maintenant chérie, tu restes, et tu fais ce que je te dis. C'est clair ?
-...
-Parfait.
Jane pleurait. De haine, de désespoir. Désespoir dans le sens où il avait raison. Malgrès tout cela, elle l'aimait. Parce que c'était lui qui décidait, et lui seul. Elle resta plantée là, dans le jardin à present désert, pendant une bonne demi heure sans bouger d'un poil. Quand elle se mit enfin à bouger, c'est parce que Michael se mit à jurer.
-Bon sang ! Cette petite n'est décidément bonne à rien ! À rien du tout !
-Qu'est ce qu'il se passe ?
-Léa a laisser trainer l'aspirateur !
-Et...
-Et je suis tombé ! Bon sang ! LEAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ils entendirent les escaliers grincer, puis Léa apparue sur le seuil du salon.
-Oui ? demanda t-elle, hors d'haleine.
-Oui ?! Tu devrais savoir pourquoi je t'appelles ! Qu'est ce que c'est... Ça ?
Il désigna l'aspirateur.
-Désolée, je suis désolée d'avoir oubliée de le ranger; et c'est ce que je vais faire.
-T'as intérêt.
Une fois qu'elle eût rangée l'aspirateur, Michael la regarda; puis dit:
-Demain, tu nettoieras aussi le jardin. Et que je ne voit pas un seul millimètre carré non-nettoyé !
-Oui.
-Oui monsieur.
-Oui monsieur.
-Bon, va dormir. Demain, tu te lèves à 5h du matin pour commencer à nettoyer.
-5 heu...
-Quelque chose à dire ?
-Non. À demain.
[Voilà; après un petite attente, le deuxième chapitre est en ligne !
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